Tarik Ramadan n’a pas de chance. Sa qualité de théologien islamique, conjuguée à son infamante ascendance d’une lignée de docteurs de la foi islamique ouvertement barbares et rétrogrades le rendent suspect a priori et agissent sur lui comme une espèce de balise ARGOS reliée au radar de l’ensemble du monde intellectuello-médiatique qui s’ingénie alors à le houspiller, sans que ses efforts dialectiques, ses précautions oratoires ou ses circonvolutions rhétoriques ne parviennent à le déconnecter de son pesant héritage. Ainsi, ses différentes interventions se retrouvent compilées, référencées, triées et qualifiées dans un nombre impressionnant de bouquins et d’articles, qui ne l’empêchent nullement d’aller prêcher la sédition musulmane partout dans le monde occidental en toute quiétude, mais qui aboutit à faire de Ramadan le mètre-étalon de l’islamisme distingué, en costume anglais mais pressé de trancher des mains ou de canarder la première adultère impénitente passant à portée de jet de pierre, bref quelqu’un de tout à fait infréquentable. Non, Tarik Ramadan n’a pas de chance.
Et nous non plus, du coup puisque sa surexposition médiatique a pour conséquence directe l’occultation de tous les autres soldats de l’Islam, qui ne manquent pourtant pas de quitter périodiquement la vase des profondeurs pour venir agiter la surface de remous, en espérant y créer le vortex qui aspirera et noiera pour de bon leur proie. Maintenant, tout de suite, c’est la liberté d’expression et le droit au blasphème qui sont visées, à l’occasion de l’attentat dont a été victime Charlie Hebdo à la suite des trois ou quatre potacheries qu’il publia sur notre bon vieux copain Mahomet. Sans aucune surprise pour qui se souvient de l’affaire des caricatures danoises, l’assaut des musulmans militants anonymes est rapides : la page Facebook de Charlie, les forums, les commentaires d’articles et les émissions de radio se font inonder de commentaires félicitant les auteurs de l’attentat ou condamnant le journal tout en dénonçant l’habituelle islamophobie de ces salauds de Français. C’est ce moment précis que choisit un certain Dalil Boubakeur pour déclarer dans un convaincant exercice de communication qu’il faut surtout faire très attention, que les auteurs de l’attentat ne sont peut-être pas Musulmans et que les Musulmans de France ne respectent pas la charia mais uniquement la loi française, tout en dénonçant un lourd climat d’islamophobie, comme il se doit. Or, ce n’est pas la première fois que Dalil Boubakeur s’exprime au sujet de Charlie Hebdo et ce nouvel épisode peut être une bonne occasion de faire le point sur ce personnage à l’image si paisible et si respectable. Est-elle justifiée ?
Dalil Boubakeur est donc le recteur de la grande mosquée de Paris. Un article du journal de révérence Le Monde lui consacre un portrait à la brosse à reluire[1], nous présente un lettré raffiné, décoré de la légion d’honneur, féru d’histoire de France et de littérature. Le Musulman idéal, qui plaira à tout le monde, mais surtout à la caméra du journal télé et zélé au point d’affirmer dans ce même article, avoir un amour “maurrassien” de la France. Le fait que Maurras n’envisageait pas la France autrement que Catholique et qu’il ait publié un pamphlet précisément contre l’édification de la mosquée qu’administre Boubakeur n’a pas l’air de trop le gêner, mais après tout, ce point est peut-être secondaire. Nous ne sommes pas des machines et avons tous droit à nos petites incohérences, n’est-ce-pas ?
Ces choses étant dites, il subsiste toujours, même dans les articles du Monde, quelques fragments de vérité. En effet, cet article nous rappelle le parcours de l’homme, qui s’est notamment opposé à la loi contre les signes religieux à l’école de 2004 puis, plus tard, à la liberté d’expression et en diligentant des procès à l’occasion de la publication des caricatures de Mahomet et en incitant jusqu’à ce grand benêt de Chirac à plaider cette vilaine cause, ce qu’il fit, d’ailleurs.
S’inscrivant dans cette logique de censeur, Boubakeur “regrette[2]” et explique aux Suisses qu’ils ont eu bien tort de voter comme ils ont voté, se déclarant par voie de conséquence contre la démocratie et contre la souveraineté des peuples.
C’est également un théologien fragile qui soutient qu’il faut une mosquée pour les Musulmans de Barbès afin qu’ils remplissent “leurs obligations religieuses dans des conditions de dignité, dans le respect de l’ordre public” [3], alors que l’Islam permet tout à fait de prier chez soi, tout seul, comme un grand. Un article[4] fort intéressant nous explique en effet que la prière en groupe est conseillée mais n’est pas obligatoire, ce qui impose un aparté : les prières de rues ayant eu lieu durant de nombreuses années, nous pouvons évaluer à cette aune le peu d’importance qu’accordent ces prieurs Musulmans à la loi française. Mais il est vrai que la loi des créatures ne saurait être supérieure à la loi du créateur.
Cependant, Dalil Boubakeur est peut-être moins un théologien qu’un authentique missionnaire, qui sait se battre efficacement pour imposer de nouvelles mosquées en France. Son objectif est d’en doubler le nombre[3], bien qu’il subsiste un problème de taille : les mosquées coûtent cher et les Musulmans de France n’ont pas les moyens de leur ambition pour notre pays. Qu’importe, Dalil Boubakeur devient alors agent d’influence auprès des gouvernements et milite activement pour que l’État intervienne dans le financement de ces mosquées, ce qui implique de démanteler purement et simplement la laïcité à la française. En attendant, il prépare le terrain et justifie cette position en détournant l’histoire, utilisant la grande mosquée de Paris, effectivement payée par la France qui aurait été, au sortir de la première guerre mondiale, “une puissance musulmane”, d’après lui. C’est évidemment complètement faux. Cette mosquée a bien été construite par la France pour remercier les indigènes Musulmans des colonies pour leur effort de guerre, mais certainement pas au nom d’une identité musulmane que la France n’a jamais eu et n’aura jamais. D’autant plus qu’à cette époque, la France vient précisément de gagner sa guerre contre le clergé et qu’elle est alors farouchement laïque et bouffeuse de curé, ce qui ne semble pas allumer le moindre voyant chez Dalil Boubakeur. Il ne semble d’ailleurs pas bien saisir l’ensemble des subtilités du concept de laïcité à la Française qui bien tout sauf un “garde fou” permettant d’organiser la “société sur des bases de logique, de raison et d’humanisme” mais qui est au contraire une idéologie de combat permettant de soustraire par la dialectique ou par la force le pouvoir aux religieux pour le mettre dans les mains du peuple laïc qui n’a pas vocation à le rendre, ce pouvoir. Après tout, si la loi de 1905 précise très clairement la non reconnaissance des cultes, ce n’est bien évidemment pas pour s’auto-abroger en reconnaissant, cent ans plus tard, l’Islam ou les Musulmans comme une entité existante en France ; faut peut-être pas pousser mémé dans les orties non plus.
Mais cela ne semble pas le gêner plus que cela, puisque, encore dans cet article, Boubakeur assume sa qualité de saboteur en livrant sa méthode pour contourner la loi de 1905 afin de financer ses mosquées sur fonds publics en toute impunité. Mais rien n’arrête Boubakeur : toujours dans cet article qui est décidément un festival, il nous explique enfin que pour ne pas voir apparaître de nouvelles rues Myrha, la France doit construire de nouvelles mosquées, c’est-à-dire encore plus d’Islam pour résoudre une situation conflictuelle qui n’existerait pas sans l’Islam, ce qui est d’une logique tout à fait renversante.
Finalement, après avoir vu ces quelques points mis bout-à-bout, nous constatons facilement que derrière le religieux lettré, débonnaire et décoré se cache un être duplice qui, d’un côté, séduit les Français en leur donnant des gages d’amour de la France et de sa culture ; qui les flatte en leur promettant un Islam moderne, ouvert et loin des fondamentalistes mais qui, de l’autre, mène de façon évidente un combat pour imposer l’Islam en France ; sur le champ des idées en interdisant le débat et en falsifiant l’histoire, sur le plan politique en influençant le pouvoir et sur le terrain en imposant ses mosquées. En d’autres termes, il s’agit bien d’une sorte de Tarik Ramadan Français, peut-être un peu plus discret mais cherchant de façon toute identique à imposer sa civilisation à un pays qui ne lui a rien demandé de tel.
Notes :
[1] http://www.mafhoum.com/press9/269C33.htm
[2] http://www.france-info. com/chroniques-au-fil-de-l- actu-2009-11-30-polemique- autour-des-minarets-en-suisse- une-tres-regretable-confusion- 374976-81-346.html
[3] http://www.lematindz.net/ news/5403-mosquee-de-la-rue- myrha-paris-plus-de-priere- dans-la-rue.html
[4] http://www.manhajulhaqq.com/spip.php?article496
Mots-clefs : charia, islamisation